Pour sa dernière course, Michael Schumacher nous a fait un beau cadeau. Une course extraordinaire, sans manigance, sans stratégie préétablie. De la course à l'état pur et des dépassements comme on en voit si rarement en F1.
Après sa crevaison, débarrassé de cette petite possibilité mathématique de remporter encore le titre, il a choisi de nous offrir le meilleur de lui-même pour la fin. Bonne idée, Michael...
Tous ces meilleurs temps au tour comme hors-d'oeuvre. Puis ces attaques féroces.
On a compris son appétit quand il a avalé goulûment Rubens Barrichello au 50e tour.
Cinq tours plus tard, il s'était collé à Giancarlo Fisichella, mais sa voiture a eu des ratés. Deux fois plutôt qu'une, la 248F a failli le trahir.
Chaque fois, il a attendu qu'elle retrouve son énergie, et il a ressorti le couteau sans arrière-pensée.
Son dépassement de Fisichella au 63e tour a fait très mal paraître l'Italien, surpris comme un débutant, affolé de voir arriver la Ferrari dans ses rétroviseurs.
Cinq tours plus tard, son dépassement sur Kimi Raikkonen a été magistral.
Michael Schumacher gagne sa bataille contre Kimi Raikkonen.
Après s'être fait fermer la porte au tour précédent par le Finlandais nettement plus batailleur que le pilote Renault, on aurait pu penser que Schumacher allait s'y prendre autrement. Non. Le panache ne se vend pas à rabais.
La même attaque, au même endroit, avec le culot d'aller au bout de son attaque et de pousser Raikkonen hors trajectoire.
Il lui aurait fallu cinq tours de plus pour tenter de déloger Jenson Button du podium. On en aurait voulu encore et encore et encore et...